L’industrie aéronautique en 2020 : comment gèrent-elles la crise ?

À l’image des industries pétrolières et automobiles, l’industrie aéronautique rencontre elle aussi d’énormes difficultés dues à la crise sanitaire causée par le Covid-19. Pour les constructeurs, cette situation a de façon subséquente entraîné d’énormes pertes. Intéressons-nous à la façon dont cette industrie gère cette crise totalement inouïe.

Un état des lieux sur la situation

Dès les débuts de l’épidémie en Chine, les compagnies aériennes ont commencé à annuler les vols en cascade ce qui a mis fin au tourisme jusqu’à nouvel ordre. Mais le phénomène est devenu une norme lorsque l’épidémie est passée à une pandémie, touchant surtout les pays occidentaux à des taux inquiétants. Il ne fait aucun doute que le transport aérien peut être un vecteur de contamination. C’est pour cette raison que les États souverains de l’Union européenne, les États-Unis, la Russie, La Corée, etc., ont fermé leurs frontières aéronautiques, limitant les vols et imposant le stationnement des avions.

Tout comme pour le tourisme, la menace est réelle pour l’industrie aéronautique : de grands noms commencent malheureusement à annuler leurs production et livraison d’avions. Par exemple, Boeing a annoncé un quasi-arrêt de la production d’avions commerciaux. Airbus quant à lui prévoit diminuer sa production.

Par ailleurs, d’importantes annulations de commandes d’avions sont aussi enregistrées depuis le début de la pandémie. Avolon, troisième entreprise de location d’avions au monde à annuler une commande dont la livraison devait être faite en 2023 : quatre Airbus A330 Neo et 75 Boeings 737 MAX. La société a néanmoins limité sa commande à seize 737 MAX et repoussé la date de livraison à 2024. En plus, ce qui n’arrange pas du tout les affaires, c’est l’annonce de l’IATA : aucun achat pendant les 6 ou 9 mois à venir.

Comment Airbus gère-t-il la crise actuelle ?

En temps normal, les commandes d’Airbus sont régulières. Cependant, avec la crise sanitaire mondiale, la société fait face à de nombreuses demandes d’annulations ou de reports des livraisons. Pour gérer cet état de choses, le constructeur n’a pas hésité à réduire considérablement sa production. Paradoxalement, la société envisageait une sérieuse hausse de production de ses Airbus A320. Avec l’épidémie, on pouvait s’attendre à une baisse de rendements, mais on ne pouvait pas s’imaginer qu’elle serait aussi importante.

En attendant, pour gérer au mieux la crise, l’entreprise européenne a demandé à ses fournisseurs de limiter les livraisons, soit 40 % de moins que la normale. Cela permettra d’assumer une production faible mensuelle de 36 appareils. Il ne s’agit là que d’un chiffre qui peut paraître paradoxal, puisque dans les usines, les gestes barrières liés au coronavirus font aussi ralentir la production. Par ailleurs, la société a aussi prévu de prendre des mesures pour mettre certains salariés en chômage partiel dans certains pays, dont la France et l’Allemagne.

Les actions de Boeing pour limiter les impacts

Du côté de Boeing, les mesures prises pour gérer ce temps et l’après Covid-19 ne sont pas aussi encourageantes. En effet, pour limiter les charges, toute la production d’appareils civils a été mise à l’arrêt. Il n’y a pas longtemps, la société a laissé comprendre qu’un plan de départs volontaires des travailleurs sera lancé. Tapé de plein fouet par cette crise incomparable, Boeing a aussi demandé un plan d’aide d’une valeur de 60 milliards de dollars. Cela fera certainement du bien à toute la machine aéronautique américaine.

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